Un blog pour les mangeurs de champignons

Intoxications dues aux champignons

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Intoxications dues aux champignons, Amanites phalloïde

Les intoxications dues aux champignons sont assez fréquentes en France. Elles diffèrent selon les symptômes et selon les champignons concernés. Ces intoxications ne sont pas uniquement dues aux champignons non-comestibles. En effet, des champignons comestibles peuvent être contaminés et causer des intoxications. Ce peut être le résultat d’une contamination par des microbes, par des métaux lourds à proximité des routes, ou encore par des pesticides. Souvent, les intoxications dues aux champignons comestibles contaminés peuvent causer des symptômes dont on n’a pas conscience. Dans cet article, nous ferons donc le tour des signes et symptômes liés à ces intoxications.

 

Intoxications dues aux champignons: les cas mineurs

Les cas mineurs des intoxications dues aux champignons concernent les symptômes survenant en moins de six heures.

Dans un premier cas, nous avons les douleurs abdominales, les vomissements et les diarrhées sévères. Ces symptômes apparaissent entre les 15 premières minutes et les 2 premières heures après la consommation. Ce symptôme gastro-intestinal connu comme résinoïdien se dissipe en moins de deux jours. Le dit cas est lié à la consommation de champignons crus ou à la contamination par pesticide de ceux-ci. Parfois la cuisson aide à éviter cela. D’autre part la déshydratation causée par la diarrhée peut conduire au coma ou à l’insuffisance rénale. Les sueurs, crampes musculaires et la baisse de pression artérielle peuvent aussi survenir.

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Intoxications dues aux champignons, Coprins noir d’encre

Le deuxième cas présente les signes du premier cas entre les 15 premières minutes et les 4 premières heures. En addition à ces signes, nous notons la sudation, les écoulements nasals et les larmoiements. Ce cas est dû à une toxine appelée muscarine que l’on retrouve chez plusieurs clitocybes, inocybes et amanites. La muscarine peut également ralentir le rythme cardiaque et baisser la pression artérielle.

Pour le troisième cas, il est dû à la coprine contenu notamment dans le coprin noir d’encre. Une toxine qui se manifeste en présence d’alcool. En effet, les signes surviennent 30 minutes à environ 2 heures suivant la consommation d’alcool. Ceci sachant que vous avez ingéré de la coprine au préalable. Nausées, trouble cardiaque, vomissements, rougeurs sur la partie supérieur de votre corps sont des signes d’évidence.

Le quatrième cas concerne plusieurs amanites hallucinogènes. Celles-ci causent des vomissements, des nausées, confusion, ébriété, agitation, trouble cardiaque. Certaines fois elles peuvent entraîner le délire. Ces signes se manifestent 30 minutes à 3 heures après la consommation. Aussi, ils se dissipent  en laissant dans un état  de torpeur le sujet.

 

Intoxications dues aux champignons: les cas graves

Pour les cas graves des intoxications dues aux champignons, ils surviennent après six heures. Pour ceux-ci, il est nécessaire de se rendre d’urgence à l’hôpital.

La première est liée à l’amanitine. Celle-ci est notamment présente chez des espèces comme l’amanite vireuse, l’amanite phalloïde, l’amanite printanière, et même certaines galères et lépiotes. Après avoir ingéré l’amanitine, elle attaque le foie dans les 6 à 36 heures qui suivent. Le signe annonciateur est une diarrhée intense causant une forte déshydratation. La toxine peut opérer pendant près d’une centaine d’heures.

Puis, nous avons l’orellanine présente dans plusieurs cortinaires. Cette toxine s’en prend plutôt aux reins. Les signes peuvent parvenir environ 24 heures après la consommation. Ils incluent vomissements, crampes, nausées, affaiblissement général et douleurs musculaires. Une insuffisance rénale aigüe peut être déclenchée après trois semaines. Ceci allant jusqu’à l’insuffisance rénale chronique demandant une transplantation.

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Intoxications dues aux champignons, Fausses morilles

Ensuite la gyromitrine qu’on retrouve chez la fausse morille et qui s’en prend au foie, aux reins, et aux globules rouges. Cette toxine est détruite lors de la cuisson et par séchage au soleil. En consommer à plusieurs reprises déclenche une intoxication après 8 à 12 heures. Les signes annonciateurs sont les troubles digestifs incluant vomissements et douleurs abdominales. En négligeant ces signes, on en arrive à l’hépatite, l’insuffisance rénale, et même des troubles neurologiques.

Et pour finir la consommation du tricholome équestre pendant 3 repas successifs. Elle peut causer des nausées et des douleurs musculaires 1 à 6 jours suivant le dernier repas. Ici il s’agît de destruction importante des cellules musculaires. Dans le cas où les muscles respiratoires sont atteints, la mort est inévitable.

 

A la vue de tout ceci, il est important d’être prudent lors de la cueillette de champignons. Penser à consulter notre article Secrets sur les champignons : Eviter les intoxications et empoisonnements

2 Commentaires

  1. Jean-Luc Huger Jean-Luc Huger
    29 novembre 2016    

    De la toxicité du Tricholome equestre ( bidaou ou jaunet) et du Tricholome Terreum (petit gris ou griset).
    Tout d’abord il convient de dire que dans les deux cas il s’agit d’espèces dites collectives, c’est à dire regroupant avec le même nom plusieurs espèces qui pour un mycologue avertit son distinctes et bien différenciées même si elles sont parfois difficiles à determiner, du moins sur le terrain, alors n’en parlons pas pour les néophites voire amateurs éclairés. Rien d’étonnant alors que les équipes de chimistes n’aient pas encore réussi à isoler les toxines des T. equestre causant la rhabdomyolysis (affection potentiellement mortelle). Ils n’ont pas analysés la bonne espèce, ni tenu compte de leur habitat, ni sans doute de l’altitude à laquelle il pousse, tout simplement . Le Tricholome equestre regroupe au moins trois espèces T. flavovirens, T. auratum et T. chrysophyllum, peut-être même d’autres. Pour le petit gris, T. terreum en principe on peut le confondre et le mélanger avec T. gausapatum. T. myomices, T. basirubens, T.orirubens etc… (j’en passe). Le directeur de l’équipe de recherche sur la toxicité des tricholomes de ces deux familles qui a trouvé plusieurs toxines dans le T. terreum Liu Jikai (chercheur dans un laboratoire chinois) conclut que pour qu’une personne ingère une dose succeptible de provoquer une rhabdomyolysis il lui faudrait en manger pendant plusieurs jours consécutifs et en bonne quantité. Les études cliniques menées par le laboratoire de Posdam suite aux intoxications de Pologne concluent après expérimentation sur des rats qu’il faudrait en ingèrer 500gr par jour pendant 6 jours pour declencher le processus, ceci ne tient pas compte de certaines sensibilités individuellles. Dernière information précieuses, toutes les récoltes ayant entrainé des intoxications provenaient de zones littorales ou situées à moins de 100m d’altitude. Chacun est libre d’appliquer le principe de précaution, si cher à nos politiques, mais je veux être rassurant, tous les cas de rabdomyolysis, ( une quinzaine ) ayant ou non entrainé la mort ( 4), on été suite à des ingestions répétées et en grande quantité (une bonne ventrée) de T. equestre, quelle espèce? on l’ignore, et encore jamais on a eu à déplorer des cas dus au T. terreum.

    • 30 juillet 2017    

      Nous vous remercions pour cette grande marge d’informations sur la toxicité des Tricholomes Jean-Luc Huger. Ce sont des propos des plus instructifs qui aideront sûrement lors des futures rédactions. Nous nous excusons toutefois pour la réponse très tardive, et apprécions pleinement le fait que vous vous penchiez sur nos articles. Merci encore à vous.

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